Le cinéma sri-lankais à l’honneur au Festival international des cinémas d’Asie de Vesoul

La 32e édition du Festival international des cinémas d’Asie (Fica), organisée en février à Vesoul, a consacré le cinéma sri-lankais à travers le sacre du film Riverstone, réalisé par Lalith Rathnayake, qui a remporté le Cyclo d’or. Le long-métrage s’est imposé parmi neuf œuvres de fiction en compétition et confirme la reconnaissance internationale d’un cinéma sri-lankais de plus en plus remarqué sur la scène des grands festivals. Déjà récompensé en juin dernier au Festival du film de Shanghai, Riverstone propose un récit sous forme de road movie dans les montagnes du Sri Lanka. Le film aborde un sujet particulièrement sensible : celui d’une exécution extrajudiciaire dissimulée en accident, à travers le trajet d’un condamné escorté par des policiers vers son village. Une œuvre qualifiée de « profondément bouleversante » par les organisateurs du festival, qui souligne la force de sa mise en scène et la gravité de son propos. Le festival a également mis en avant la diversité du cinéma asiatique, avec près d’une centaine de films présentés issus de 24 pays. Parmi les autres distinctions, le grand prix du jury a été attribué à la production kirghize Kurak, tandis que le prix du public est revenu au film indien Full Plate, qui explore les tensions entre communautés hindoue et musulmane en Inde. Le jury a également distingué Before the Bright Day du réalisateur taïwanais Tsao Shih-han. À travers cette sélection, le Fica confirme son rôle de plateforme majeure pour la découverte des cinémas d’Asie, en mettant en lumière des œuvres engagées qui interrogent les réalités sociales et politiques du continent. Le cinéma indien, également récompensé par le public, illustre cette diversité des regards, entre récits intimes et enjeux sociétaux profondément ancrés.
Komidi 2026 : un rendez-vous théâtral majeur à La Réunion jusqu’au 2 mai

Le plus grand festival de théâtre de l’Océan Indien, Komidi, a débuté le 21 avril et se poursuit actuellement à La Réunion jusqu’au 2 mai 2026. Pendant près de deux semaines, l’événement transforme l’île en une vaste scène ouverte dédiée à la création théâtrale sous toutes ses formes. Porté par une ambition à la fois artistique et territoriale, le festival déploie une programmation dense avec plus de 50 spectacles, répartis sur 13 communes et 19 scènes. Parmi les villes participantes figurent notamment Saint-Joseph, Saint-Pierre, Saint-Paul et L’Étang-Salé, offrant ainsi un maillage culturel à l’échelle de l’île. L’édition 2026 propose 52 spectacles pour environ 230 représentations, mêlant créations locales, productions internationales et retours remarqués de pièces à succès telles que Courgette ou Vers l’infini… (mais pas au-delà). Théâtre contemporain, spectacles jeune public, humour, danse et formes pluridisciplinaires composent une programmation riche et accessible à tous les publics. Au-delà de l’offre artistique, Komidi revendique une dimension fédératrice et engagée. Fidèle à son slogan « le théâtre qui nous rassemble », le festival met en avant l’accès à la culture pour tous, tout en contribuant au dynamisme de l’économie locale. En mobilisant artistes, techniciens et acteurs du territoire, il participe activement à la valorisation et au développement culturel de l’île. Alors que le festival entre dans ses derniers jours, Komidi continue d’attirer spectateurs et curieux autour d’une programmation éclectique, confirmant son rôle central dans le paysage culturel de l’océan Indien. Information sur : https://komidi.re
Le Singenge de Tanzanie dansé par Wanjiru Kamuyu au Palais de la Porte Dorée

À l’occasion de la Nuit européenne des musées 2026, la chorégraphe Wanjiru Kamuyu invite le public à une expérience festive et fédératrice avec PAMOJA, le bal — un mot qui signifie « ensemble » en kiswahili. Pensé comme une utopie chorégraphique transgénérationnelle, cet événement célèbre la danse comme un langage universel qui rassemble. Ce grand bal participatif mêle traditions et influences contemporaines dans une atmosphère immersive et joyeuse. Vous aurez l’opportunité de découvrir une grande diversité de styles venus du monde entier, notamment le Singenge de Tanzanie, dont les rythmes et les mouvements dialoguent avec d’autres expressions dansées, créant une énergie collective vibrante. Cette soirée devient une véritable cartographie sonore du monde, où les cultures se rencontrent et se répondent. Un moment unique à partager au Palais de la Porte Dorée, le samedi 23 mai 2026 à partir de 20h, avec un accès prolongé à l’exposition permanente du musée jusqu’à 22h.
Jody Sternberg : une voix australienne entre jazz et Paris

La chanteuse australienne Jody Sternberg incarne un parcours artistique marqué par le dialogue entre ses origines et son ancrage parisien. Installée en France, elle développe un univers musical sensible où se mêlent jazz et blues, porté par une voix chaleureuse et une approche intimiste. Avec son deuxième album Sea of Love, elle explore les multiples visages de l’amour à travers des compositions épurées et une instrumentation acoustique qui met en valeur l’émotion et la sincérité de son interprétation. Son parcours l’a conduite à collaborer avec d’autres artistes reconnus, enrichissant son univers d’influences variées. Elle se produira en formation organique et intimiste le 10 juin 2026 au Sunset Sunside, offrant au public parisien une immersion dans son univers musical, à la croisée des cultures australienne et européenne.
Yaluu (À bientôt) : un voyage de mémoire au cœur de l’histoire aborigène en France

Le documentaire australien Yaluu (À bientôt) propose un récit intime et émouvant autour d’un voyage en France sur les traces d’un soldat aborigène engagé durant la Première Guerre mondiale. À travers la visite de champs de bataille, de cimetières et de lieux de mémoire, cette démarche vise à recréer un lien spirituel profond en reconnectant symboliquement l’ancêtre à sa terre d’origine. Présenté au Centre Sir John Monash dans le cadre de la Nuit des musées et des expositions organisées dans la Somme, ce film de 27 minutes met en lumière le courage souvent méconnu des soldats aborigènes australiens. Il explore également la transmission de la mémoire et les liens puissants qui unissent les générations, au-delà de la distance et du temps. 📍 Lieu : Centre Sir John Monash📅 Date : samedi 23 mai 2026 à partir de 18h (séances toutes les heures jusqu’à 21h) Projection gratuite et ouverte à tous.
Focus sur la collection Froberville – Île Maurice à l’honneur

À l’occasion des 25 ans de la Loi Taubira, plongez dans une exposition exceptionnelle qui met en lumière l’histoire humaine de l’île Maurice, carrefour de mémoires et de trajectoires. Eugène de Froberville a rassemblé 53 moulages uniques, témoins des vies d’hommes et de femmes marquées par l’esclavage et les déplacements à travers l’Afrique jusqu’à Maurice. Chaque œuvre associe un visage à une voix, une histoire, une culture. Un parcours sensible et immersifDes récits restitués dans leur richesse linguistique et culturelleUne exploration des mémoires individuelles et collectives L’exposition redonne une place centrale à ces archives humaines, au cœur des réflexions contemporaines sur la mémoire et l’histoire. 📍 Château Royal de Blois📅 Samedi 23 mai 2026🕖 19h00🎉 Dans le cadre de la Nuit des musées à Blois Un voyage entre histoire, mémoire et héritage… de l’Afrique à l’île Maurice.
Musique de l’Inde – Raghunath Manet en concert

Plongez dans l’univers envoûtant de la musique carnatique, où se révèle toute la virtuosité de Raghunath Manet, artiste d’exception et héritier inspiré d’une tradition millénaire. Entre spiritualité, rigueur et improvisation incandescente, ce concert unique fait dialoguer héritage classique et influences contemporaines. 📍 Grand Théâtre d’Angers📅 Jeudi 28 mai 2026🕗 20h00 Acteur, écrivain et danseur, Raghunath Manet est aussi un virtuose de la vînâ, instrument emblématique de la musique carnatique, qu’il interprète avec ferveur et toute l’imagination d’un véritable compositeur. Natif de Pondichéry, il considère la musique — tout comme la danse bharata natyam qu’il pratique et enseigne — comme un art d’essence divine, mêlant profondeur spirituelle et exigence technique.
Aux origines de l’art australien : le génie des premiers peintres aborigènes

Dans le nord-ouest de l’Australie, au cœur de la région du Kimberley, des chercheurs ont mis en évidence une peinture rupestre représentant un kangourou dont l’ancienneté dépasse les 17 000 ans. Réalisée par des populations aborigènes, cette œuvre est aujourd’hui considérée comme la plus ancienne peinture connue sur le continent australien, témoignant de la richesse et de la profondeur des premières expressions artistiques humaines dans cette région. La datation de cette peinture a représenté un véritable défi pour les scientifiques, car les pigments utilisés dans l’art rupestre ancien contiennent rarement des éléments organiques permettant une analyse directe. Pour surmonter cette difficulté, les chercheurs ont utilisé une méthode indirecte en étudiant des restes de nids de guêpes fossilisés situés au-dessus et en dessous du motif. Ces éléments, datables, ont permis d’encadrer l’âge de l’œuvre et d’estimer qu’elle remonte à une période comprise entre environ 17 000 et 13 000 ans. La représentation du kangourou se distingue par son réalisme et son sens du détail, révélant une observation attentive de la faune locale. Les animaux occupaient une place essentielle dans l’imaginaire et les pratiques artistiques des sociétés préhistoriques, servant à la fois de sujets d’expression et de vecteurs de transmission culturelle. Cette œuvre illustre ainsi la capacité des premiers artistes à traduire leur environnement en images durables. Au-delà de son aspect esthétique, cette peinture possède une valeur culturelle majeure pour les communautés aborigènes, dont les traditions artistiques s’inscrivent dans une continuité exceptionnelle à travers les millénaires. Elle contribue également à mieux comprendre les modes de vie, les croyances et les savoirs des premières populations humaines ayant occupé le territoire australien. Ce kangourou peint constitue ainsi bien plus qu’une simple image ancienne : il représente un témoignage précieux de la créativité et de la mémoire des sociétés préhistoriques.
Nina Jayasuriya, une voix sri lankaise au cœur de “L’esprit de l’atelier”

À Montpellier, l’exposition “L’esprit de l’atelier”, présentée jusqu’au 3 mai 2026 au MOCO Panacée, réunit seize artistes formé·es aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Djamel Tatah. Pensée comme une réflexion sur la transmission et l’expérimentation, elle explore la manière dont un cadre pédagogique peut nourrir des pratiques artistiques singulières. Dans cet ensemble, une artiste se distingue particulièrement : Nina Jayasuriya. Originaire du Sri Lanka, elle incarne l’ouverture internationale de l’exposition et apporte une profondeur sensible à ses enjeux, en lien avec les questions de mémoire, de transformation et de regard. Avec sa série Trésors du futur (2024 – en cours), Nina Jayasuriya magnifie des objets du quotidien en fondant des éléments résiduels — pièces de monnaie, fragments de verre — pour leur conférer une matérialité à la fois précieuse et fragile. Ce geste transforme le banal en objet presque sacré, rappelant que la valeur des choses dépend du contexte, du temps et de notre perception. Son travail entre en résonance avec certaines œuvres de l’exposition, notamment celles jouant sur les tensions entre le profane et le spirituel, ou encore sur les récits liés aux lieux et à leurs histoires. Des formes évoquant des objets usuels détournés — comme des seaux devenant réceptacles symboliques — participent à cette réflexion sur les fractures contemporaines et les mythologies marginales. Par sa démarche à la fois poétique et conceptuelle, Nina Jayasuriya s’impose comme une voix singulière de l’exposition. Sa présence, encore rare en France pour une artiste sri lankaise, ouvre une perspective précieuse sur des scènes artistiques peu représentées et rappelle la capacité de l’art à reconfigurer notre regard sur le monde à partir de gestes simples et profondément ancrés dans le réel. Plus d’information sur : www.moco.art/fr/exposition/lesprit-de-latelier
Mahalakshmi Kannappan à Art Paris

Mahalakshmi Kannappan (né en 1981) est une artiste basée à Singapour qui a récemment obtenu son diplôme de l’Académie des beaux-arts de Nanyang. En tant qu’individu diasporique, elle se retrouve souvent prise entre deux cultures très différentes avec des croyances et des mentalités distinctes. Les décisions quant à ce qu’il faut adopter et pourquoi, sont une lutte continue qu’elle aborde et donne forme à travers son travail. Pour beaucoup de ses œuvres, le matériel occupe le devant de la scène pour discuter et développer l’idée de changement. Sa pratique vise à identifier, fusionner et déformer différents matériaux dans le cadre d’une enquête continue sur leurs propriétés. Dans ses mots, ce sont des reflets de « la façon dont ces changements sont acceptés et accumulés ». Elle considère le processus de pose de matériel, en particulier de charbon de bois, comme des expérimentations sur ce qui peut et ne peut pas être contrôlé. Les réponses imprévisibles du matériau ajoutent à la nature inexplicable du changement. Dans ses plus récentes explorations avec son support de charbon de bois signature, Mahalakshmi Kannappan élargit les possibilités de la matière terreuse en augmentant les contrastes frappants, transformant ses diverses qualités en poésie. Sous une surface de charbon lisse, trois ouvertures révèlent une couche interne rugueuse et semblable à une écorce qui éclate subtilement à travers les fissures. Ce qui aurait été autrement un extérieur solide et solide, évocateur d’un mur en béton, révèle son noyau plus chaotique et fragile. https://www.artparis.com/fr/gallery/3963 https://www.instagram.com/libramaha